jeudi 10 février 2011

Peaux d'hommes

Bonjour,

Au four et au moulin, rattrapée par les jours qui filent, je n'ai pas eu le temps de poursuivre et polir, les Poils du Dieu Pan/5.

Je vous propose cette chronique à "l'ancienne".

L’histoire commence comme ça.
Elle s’approche de leur corps. Aspire à petites doses mesurées chaque facette de leurs peaux, de leurs vêtements, de leurs vies. Elle sourit et ils ne comprennent pas. Ils craignent qu’elle ne se moque ou, qu’elle ne les prenne pas au sérieux. Alors ils s’en vont. Et elle se retrouve le nez vide, les mains inutiles.
Elle entend que son nez dérange. Toujours à fureter et analyser leur odeur d’homme. Curiosité déconcertante, car elle s’imprègne des faits, de leurs gestes. Femme déplacée, impudique et indiscrète. On ne sait jamais.
L’homme soudain pénétré par l’odeur découverte se trouve tout à coup fort dépourvu.
Mon odeur te dérange ? J’ai mangé un truc ? Mon déo déconne ? Hé là, cesse de promener ton nez sur moi, comme ça ! Ah ? Tu n’aimes pas ? Non, ça chatouille, et en plus ça me gêne. Oui, mais pourtant tu sens bon. Tu sais que t’es vraiment bizarre comme fille ? Non, je ne sais pas.
Il se rhabille, enfile sa veste comme si soudain il avait froid et la tête enfoncée dans les épaules, il prend la porte et se tire en vitesse.
Elle entend les pas décroitre dans les escaliers à toute allure
Allongée sur son lit, elle attrape un carnet moleskine dissimulé sous le meuble puis consigne en quelques lignes, la marque de la lessive, de l’assouplisseur, du shampooing et du gel douche, de la crème à raser, du déodorant, de la crème apaisante, du gel coiffant pour les cheveux, de la pâte dentifrice et de l’eau de toilette. Elle note également le menu de son petit déjeuner : café/ tartine grillée + confiture de figues, et finalement inscrit son trajet en métro. Elle conclut par le fait qu’avant de la rejoindre, il a fait une bise à une fille très parfumée.
Des histoires qui commencent comme cela, elle en possède plusieurs carnets
Mais aucune ne dépasse le premier chapitre.
Bribes d’odeurs et bouts de vies.
Ne pensez pas qu’elle soit malheureuse
Parfois, elle reprend un de ces vieux carnets et savoure les mots. Des odeurs oubliées. Elle sourit : celui-ci sentait drôlement bon.

6 commentaires:

  1. C'est un chapitre égaré du livre, peut-être la vie secrète de la commissaire, un jour elle va humer Tristan et déguster une de ses recettes et who knows ! J'adore comment c'est écrit ! Sunny side

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  2. très, très vrai :)
    Et puis il y a les très long chapitres, après des années et sans avoir rien écrit, on se rapelle l'odeur des cheveux, de la peau, de l'amour... et j'ai du bien le faire suer car je me rapelle toutes les variations de celle-ci ;)

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  3. Suis en manque ... la suite ??? Vacances, boulot, fourneau ... ? Sunny Side

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  4. Bonjour Sunny
    Non, non, pas en vacance...le chapitre suivant arrive, le mercredi ou le jeudi au plus tard !
    Merci de votre impatience :)

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  5. Comme j'aimerais avoir un odorat aussi développé !!!

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